Réunis à Glion pour leur assemblée générale, les membres de EIT.vaud ont fait le point sur les grands défis de la profession : formation, attractivité des métiers, soutien aux entreprises et développement de nouvelles infrastructures destinées à accompagner la transition énergétique.
Texte et photos : Pierre Schoeffel
Dans son discours de bienvenue, le président Sébastien Bonnet a salué l’engagement des entreprises vaudoises ainsi que le travail accompli tout au long de l’année par les différentes commissions et partenaires de la section. Il a également rappelé l’importance de maintenir une forte cohésion au sein de la branche afin de répondre aux défis qui attendent les professionnels de l’électricité.
La formation au cœur des préoccupations
Invité d’honneur de cette assemblée, Thomas Keller, président de EIT.swiss, s’est adressé aux membres en français. Il a rappelé le rôle central de l’association faîtière dans un contexte marqué par la transition énergétique, la numérisation croissante des installations, la pression économique sur les entreprises et la pénurie persistante de personnel qualifié.
Selon lui, le succès de cette transformation repose avant tout sur la capacité de la branche à former suffisamment de jeunes professionnels, à renforcer continuellement leurs compétences et à maintenir un haut niveau de qualité dans les prestations proposées aux clients. Il a également présenté plusieurs dossiers stratégiques actuellement suivis par EIT.swiss, notamment la révision de l’OIBT, la révision de la formation initiale ainsi que le développement d’une nouvelle plateforme numérique destinée à l’ensemble de la formation professionnelle.
Thomas Keller a également encouragé les membres à s’impliquer davantage dans la vie associative. Selon lui, la force de la branche repose sur des entreprises engagées, capables de défendre collectivement leur savoir-faire et la valeur de leurs prestations.
Mieux valoriser l’apprentissage
La relève a justement occupé une place importante durant l’après-midi. Le directeur de l’EPSIC, David Tolivia, a livré une intervention spontanée particulièrement appréciée. Constatant que de nombreux jeunes s’orientent aujourd’hui vers les filières gymnasiales, il a invité les entreprises formatrices à mieux mettre en avant les atouts de l’apprentissage.
Il a notamment souligné que les formations professionnelles offrent aujourd’hui des opportunités souvent méconnues, notamment la possibilité d’effectuer des séjours de plusieurs semaines ou plusieurs mois à l’étranger dans le cadre d’échanges entre entreprises formatrices. Financés par des programmes existants, ces échanges permettent aux apprentis d’acquérir une expérience internationale tout en poursuivant normalement leur cursus de formation. Une opportunité qui peut constituer un argument supplémentaire pour attirer de nouveaux talents vers les métiers techniques.
FONPRO renforce son soutien à la formation
La question du financement de la formation professionnelle a également occupé une place importante dans le programme. Sophie Vizio, la représentante de FONPRO a présenté plusieurs mesures de soutien destinées tant aux entreprises qu’aux candidats en formation.
La fondation contribue notamment au financement des brevets et diplômes fédéraux. Cette aide vient compléter le soutien déjà accordé par la Confédération. Les candidats peuvent ainsi bénéficier d’une participation aux frais d’écolage pouvant atteindre 2'500 francs ainsi que d’une prise en charge des frais d’examen jusqu’à concurrence de 3'000 francs. Ces aides sont cumulables avec l’aide du SEFRI.
Autre mesure particulièrement intéressante : la prise en charge intégrale des cours interentreprises dans le cadre des procédures de qualification selon l’article 32. Cette voie permet à des personnes expérimentées d’obtenir une qualification professionnelle reconnue sans suivre le parcours classique de l’apprentissage. Depuis 2025, FONPRO rembourse à 100 % les frais liés à ces cours et peut renouveler son soutien jusqu’à trois fois en cas d’échec.
La fondation entend également renforcer son engagement dans la promotion des métiers. Elle peut ainsi financer jusqu’à 50 % des coûts liés à l’organisation de stages de découverte ou à des projets destinés à faire connaître les professions techniques auprès des jeunes.
Un futur centre de compétences à Tolochenaz
Parmi les dossiers les plus attendus figurait également la présentation de Jacques-Olivier Georges, directeur de EIT.vaud, consacrée au futur centre de compétences développé en partenariat avec les autres métiers techniques du bâtiment.
Le projet prend forme sur le site de la Fédération vaudoise des entrepreneurs à Tolochenaz. L’objectif est de créer un véritable environnement de formation pratique permettant aux différents métiers de la transition énergétique de collaborer dans des conditions proches de celles rencontrées sur les chantiers.
Le bâtiment retenu devait initialement faire l’objet d’importantes transformations afin d’augmenter les surfaces disponibles. Le projet a toutefois été ralenti après la découverte du classement patrimonial du site et de la halle concernée. Les contraintes imposées par la protection des monuments ont obligé les concepteurs à revoir leur approche.
Une solution originale a finalement été retenue : créer une véritable « boîte dans la boîte », permettant d’aménager les espaces de formation sans modifier les structures protégées du bâtiment. Cette adaptation a nécessité un important travail de coordination entre les différents partenaires du projet et les spécialistes mandatés.
Pour Jacques-Olivier Georges, l’enjeu dépasse largement la simple mise à disposition de locaux. Ce futur centre doit permettre de renforcer les synergies entre les professions techniques du bâtiment et de former les futurs spécialistes appelés à jouer un rôle clé dans la transition énergétique.
Des contrôles indispensables pour garantir l’équité
Enfin, Laurent Chappuis, responsable du contrôle des chantiers vaudois, a présenté les activités de l’organisme chargé de surveiller le respect des règles sur les chantiers du canton.
Les chiffres présentés montrent l’ampleur du travail réalisé. En 2025, les inspecteurs ont effectué plus de 2'000 interventions et contrôlé près de 3'000 personnes sur les chantiers vaudois. Dans la branche électrique, 93 contrôles ont été réalisés. Une majorité des situations vérifiées se sont révélées conformes, ce qui témoigne globalement du sérieux des entreprises du secteur.
L’intervenant a toutefois rappelé que la vigilance reste indispensable afin de lutter contre le travail au noir, garantir le respect des conventions collectives et préserver des conditions de concurrence équitables entre les entreprises.
Au-delà des aspects statutaires, cette assemblée générale a ainsi mis en lumière les principaux enjeux qui façonneront l’avenir de la profession : attractivité des métiers, qualité de la formation, soutien aux entreprises et mobilisation de toute la branche pour réussir la transition énergétique.
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Source du texte: Pierre Schoeffel
Source de l'image: Pierre Schoeffel
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