La Journée de la branche d’EIT.swiss, qui s’est tenue le 29 janvier, a été ouverte par une conférence d’Eric Scheidegger, directeur suppléant et chef de la Direction de la politique économique. Dans son intervention, il a dressé un tableau résolument optimiste de la capacité des entreprises suisses à se positionner avec succès, y compris dans un environnement international exigeant
Texte: Pierre Schoeffel
Photo: EIT.swiss
Extraits de la présentation: Eric Scheidegger
Eric Scheidegger a ouvert son exposé en évoquant le choc provoqué par la politique commerciale américaine, marquée par une hausse des droits de douane et des mesures protectionnistes. Ces décisions affaiblissent les exportateurs suisses et accentuent les distorsions de concurrence sur les marchés internationaux. Il a ensuite esquissé une vue d’ensemble de la situation économique et des réactions qu’elle suscite, avant de conclure son intervention sur une note clairement optimiste. Au cœur de ses réflexions figurait la capacité de l’économie suisse à faire preuve de résilience face aux chocs externes.
La forte résilience de l’économie suisse
Malgré un environnement international de plus en plus incertain et protectionniste, l’économie suisse fait preuve d’une remarquable capacité de résistance. Cette résilience n’est ni le fruit du hasard ni principalement liée à la conjoncture ; elle repose sur des forces structurelles qui ont fait leurs preuves au fil des décennies. Comme le souligne Eric Scheidegger, la place économique suisse continue d’occuper une position de premier plan dans les classements internationaux de compétitivité, ce qui constitue un indicateur clair de la qualité des conditions-cadres existantes.
Parmi les piliers centraux de cette résilience figurent des conditions macroéconomiques stables, une grande fiabilité politique ainsi que des finances publiques saines. Ces éléments instaurent un climat de confiance, tant pour les entreprises que pour les investisseurs, et permettent à l’économie de rester capable d’agir, même en période d’incertitude accrue. Dans ce contexte, Eric Scheidegger relève que le renoncement à une politique industrielle fortement ciblée et sélective peut constituer un avantage à long terme : la discipline budgétaire et des règles du jeu fiables se révèlent souvent plus efficaces pour l’attractivité du site économique que des interventions étatiques erratiques et coûteuses pour les contribuables.
Ouverture et flexibilité
Un autre facteur déterminant réside dans l’ouverture économique. La Suisse est profondément intégrée dans les chaînes de valeur internationales et poursuit depuis des années une politique économique extérieure largement diversifiée. Un accès aussi libre que possible aux marchés de vente et d’approvisionnement demeure une condition essentielle de la compétitivité de son économie orientée vers l’exportation. Selon Eric Scheidegger, il est donc crucial de poursuivre de manière cohérente le développement de cette interconnexion internationale, notamment dans les relations avec l’Union européenne.
La flexibilité du marché du travail suisse constitue également un atout majeur qu’il ne faut pas sous-estimer. Elle facilite les ajustements structurels, soutient l’innovation et contribue de manière significative à la stabilité de l’emploi. À cela s’ajoutent un système de formation et de formation continue performant ainsi qu’une politique de recherche et d’innovation solide. Le soutien de l’État se concentre délibérément sur des conditions-cadres horizontales – par exemple dans les domaines de la recherche, de l’énergie et du climat – plutôt que sur la promotion ciblée de branches ou de technologies spécifiques.
Les retombées positives de la stabilité
Même dans des domaines stratégiquement sensibles tels que l’approvisionnement énergétique et la sécurité de l’approvisionnement national, la Suisse dispose d’instruments éprouvés de prévention des risques. La sécurité d’approvisionnement n’est pas envisagée comme une réaction ponctuelle aux crises, mais comme une composante intégrale de la politique de la place économique.
Dans l’ensemble, un constat clair se dégage : la politique économique suisse repose sur des bases structurelles solides et dispose d’instruments robustes lui permettant de rester opérationnelle dans un environnement international incertain. L’enjeu ne réside pas dans des réactions à court terme face à des chocs isolés, mais dans l’entretien constant des conditions-cadres qui favorisent la stabilité, l’ouverture et la capacité d’adaptation.
Les facteurs de succès de la place économique suisse
Les évolutions technologiques, les changements démographiques et les tensions géopolitiques continueront de mettre la place économique suisse à l’épreuve dans les années à venir. Comme le souligne Eric Scheidegger, la force de la Suisse réside précisément dans sa capacité à répondre à ces défis non pas par des interventions ponctuelles, mais par des fondements institutionnels fiables, une politique économique extérieure clairvoyante et une forte capacité d’innovation. Cette combinaison constitue le socle de la résilience et demeure le facteur clé du succès de la place économique suisse.
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Texte: Pierre Schoeffel
Source de l'image: EIT.swiss
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