Pour le cinquième épisode de la saison de
« Nous sommes le futur – chez soi dans la profession », nous nous sommes rendus en Suisse romande pour rencontrer l’installatrice-électricienne et l’électricienne cheffe de chantier Marilyne Bersier chez son employeur, Électricité Progin SA, à Corminboeuf, dans le canton de Fribourg.
La jeune femme de 25 ans passe tout son temps de travail sur différents chantiers et chez des clientes et clients à domicile. Et elle l’affirme : « J’adore mon métier ! »
Pour le cinquième épisode de la saison de
« Nous sommes le futur – chez soi dans la profession », nous nous sommes rendus en Suisse romande pour rencontrer l’installatrice-électricienne et l’électricienne cheffe de chantier Marilyne Bersier chez son employeur, Électricité Progin SA, à Corminboeuf, dans le canton de Fribourg.
La jeune femme de 25 ans passe tout son temps de travail sur différents chantiers et chez des clientes et clients à domicile. Et elle l’affirme : « J’adore mon métier ! »
Marilyne Bersier est installatrice-électricienne CFC et électricienne cheffe de chantier. À 25 ans, elle travaille avec passion sur des chantiers et chez des particuliers, dirige son équipe, installe, planifie et improvise le moins possible. Ce qu’elle apprécie particulièrement dans son métier, c’est sa diversité.
Texte : Annette Jaccard
Photos : Michael Donadel
Mes débuts dans le métier
J’étais la seule de ma classe à ne pas aller au collège, il était donc évident que je ferais un apprentissage. Mais dans quel domaine ? Par hasard, ma mère est tombée sur une annonce dans laquelle Etavis, à Fribourg, recherchait des apprenties et apprentis installateurs-électriciens, en précisant qu’elle s’adressait également aux femmes. Cela m’a donné envie d’essayer et j’ai fait un stage d’une semaine. Ensuite, j’ai tout de suite signé mon contrat d’apprentissage. Après les quatre années d’apprentissage, j’ai continué à travailler chez Etavis et j’ai suivi la formation continue d’électricienne cheffe de chantier certifiée. Cela fait maintenant un an que je travaille chez Électricité Progin SA.
Le plus grand défi a été, jusqu’à présent, mes premiers jours seule sur un chantier après mon apprentissage. Je pensais que je savais tout faire, mais dès les premiers appareils, je ne savais plus comment m’y prendre. Au début, j’hésitais à appeler mon chef pour lui demander de l’aide et je me débrouillais avec les manuels. Mais au bout du compte, la seule façon d’avancer, c’est de poser des questions.
« Notre travail est extrêmement varié, nous sommes les couteaux suisses du secteur. »
Des femmes sur les chantiers ?
Il y a encore des personnes à l’ancienne qui pensent que les femmes n’ont rien à faire sur les chantiers. Et en tant que femme, contrairement à mes collègues masculins, il faut d’abord trouver sa place pour être acceptée. Mais une fois que c’est fait, tout se passe bien. J’ai toujours eu des collègues et des chefs formidables qui me soutiennent. Si un homme se comporte de manière déplacée à mon égard, je lui en parle d’abord. Si cela ne suffit pas, mon chef intervient.
D’un côté, mon père était très fier de mon choix professionnel, mais de l’autre, il avait peur que le travail sur les chantiers soit trop éprouvant physiquement pour moi. Et oui, tirer des câbles est assez fatigant. Mais il y a aussi des collègues à qui je peux demander de l’aide : cela ne me pose aucun problème. À l’inverse, les femmes sont souvent plus précises lorsqu’il s’agit de travaux minutieux.
Un regard vers l’avenir
Notre branche offre d’innombrables possibilités de formation continue. C’est pourquoi je prévois de commencer l’année prochaine la formation pour le Brevet fédéral d’électricienne cheffe de projet. Je trouve également passionnant de voir que notre branche évolue constamment et ne cesse jamais de progresser.
« Nous, installatrices et installateurs-électriciens, jouons un rôle essentiel dans la construction : sans nous, aucun bâtiment ne fonctionne. »
L’outil le plus important
En tant qu’installateurs-électriciens, nous avons bien sûr toujours notre sacoche à outils avec nous. Mais l’outil le plus important, c’est le couteau : sans lui, rien ne fonctionne. C’est aussi pour cela que je me considère comme « le couteau suisse du secteur ». Notre travail est tellement varié ! Sur les chantiers, nous sommes les premiers à arriver pour tout préparer et les derniers à partir lorsque tout fonctionne, de l’éclairage aux stores en passant par le système de sonnettes. Nous jouons un rôle essentiel dans la construction : sans nous, aucun bâtiment ne fonctionne. Pour moi, c’est très gratifiant.
Mon rôle sur le chantier
Sur le chantier, je dirige deux à trois collaboratrices et collaborateurs, j’effectue moi-même des travaux d’installation, je commande le matériel, le décharge et je dépanne. J’aime beaucoup conseiller les clientes et les clients. Il faut notamment bien écouter les personnes qui ne s’y connaissent pas forcément, afin de comprendre exactement ce qu’elles souhaitent ou de cerner le problème. Par exemple, elles peuvent dire qu’une lampe ne fonctionne pas, alors que le problème vient en réalité de la prise électrique. Chez les clientes et clients, il est important de se comporter avec politesse et attention, de demander si l’on doit enlever ses chaussures et, bien sûr, de ne rien salir ni abîmer. Ainsi, tout le monde est satisfait du travail effectué.
Marilyne Bersier
Formation initiale
Installatrice-électricienne CFC, Etavis AG, 2017–2021
Activité actuelle
Électricienne cheffe de chantier sur différents chantiers, notamment pour les travaux de transformation chez Richemont à Villars-sur-Glâne, où elle travaille environ six mois par an.
Formations continues
Électricienne cheffe de chantier, 2023–2024 / Prévu : Brevet fédéral d’électricienne cheffe de projet
Ce qui la fascine
La diversité des domaines couverts et le fait que le métier évolue constamment.
Valeurs professionnelles
La planification précise et le moins d’improvisation possible, ainsi qu’une bonne ambiance de travail avec les collègues et les clientes et clients.
Mon conseil aux élèves avant de choisir un métier
L’installation électrique est un beau métier. Si l’on s’intéresse à la technique et que l’on aime travailler physiquement, il faut absolument se lancer, que l’on soit une femme ou un homme !
« C’est un beau métier qui a besoin de plus de femmes, car elles sont souvent plus précises lorsqu’il s’agit de travaux minutieux. »
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Texte : Annette Jaccard
Photos : Michael Donadel
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