Le 3 juin dernier, l’Hôtel Président Wilson a accueilli la partie publique de l’assemblée générale commune du Groupement des métiers du bâtiment de Genève (MBG).
Texte et photos : Pierre Schoeffel
Réunissant les représentants des cinq associations membres, les autorités cantonales et de nombreux invités, la soirée a permis de rappeler le rôle central des métiers techniques du bâtiment dans les grands défis auxquels le canton est confronté, de la transition énergétique à la formation professionnelle en passant par le développement des infrastructures.
Une parole commune portée par les présidents
Après les salutations du président du MBG, Guillaume Ruedin, la scène a rapidement été laissée aux présidents des cinq associations membres du groupement. Fidèle à une formule désormais bien rodée, leur intervention à plusieurs voix a une nouvelle fois constitué l’un des temps forts de la soirée.
Didier Saxod (AGCV suissetec Genève), David Ravera (AMFIS), Philippe Massonnet (EIT.genève), Sébastien Volpé (Metaltec Genève) et Christophe Cochard (suissetec SFT Genève) ont livré un discours mêlant humour, complicité et messages de fond. Derrière les traits d’esprit et leur dialogue parfois espiègle, se dessinait toutefois une réflexion sérieuse sur l’environnement dans lequel évoluent aujourd’hui les entreprises.
Les présidents ont ainsi évoqué un contexte mondial marqué par les incertitudes géopolitiques, les tensions commerciales, les défis énergétiques et les transformations rapides des marchés. Face à ces turbulences, ils ont rappelé que les entrepreneurs poursuivent quotidiennement leur mission : former des apprentis, maintenir les infrastructures, assurer la réalisation des chantiers et répondre aux attentes des clients.
À travers des métaphores inspirées du monde maritime, rappelant l’intervention de la navigatrice Justine Mettraux en décembre dernier, les orateurs ont comparé la situation actuelle à une navigation dans des eaux de plus en plus imprévisibles. Pour eux, les années à venir exigeront davantage de compétences, davantage d’adaptabilité et davantage de pragmatisme. Mais elles représentent également autant d’opportunités pour les entreprises capables d’innover et d’agir.
Des acteurs indispensables de la transition énergétique
Une part importante de leur discours a été consacrée aux grands défis qui attendent le canton de Genève. Décarbonation du parc immobilier, modernisation des infrastructures, autonomie énergétique, rénovation des bâtiments ou encore développement des réseaux : autant d’objectifs qui nécessitent des compétences techniques et des moyens humains importants.
Les présidents ont tenu à rappeler une évidence parfois oubliée : entre les ambitions politiques et leur concrétisation sur le terrain, il y a les entreprises. Derrière chaque pompe à chaleur installée, chaque réseau modernisé, chaque bâtiment rénové ou chaque infrastructure réalisée se trouvent des professionnels qualifiés, des apprentis en formation, des techniciens et des entrepreneurs.
Ils ont également plaidé en faveur d’un environnement réglementaire permettant aux entreprises de consacrer davantage de temps à leurs activités qu’aux démarches administratives. Sans remettre en cause la nécessité des contrôles ou des procédures, ils ont appelé à davantage de pragmatisme afin de préserver la capacité d’action et d’innovation des acteurs économiques.
La formation comme investissement d’avenir
Autre thème récurrent de l’intervention : la formation professionnelle. Les présidents ont souligné l’importance des efforts consentis par les associations et leurs centres de formation pour préparer la relève.
Dans un environnement technologique en pleine mutation, où les métiers évoluent rapidement sous l’effet de la numérisation et des nouvelles exigences énergétiques, la transmission des savoir-faire demeure un enjeu majeur. Les intervenants ont rappelé que les investissements réalisés aujourd’hui dans la formation produiront leurs effets durant des décennies.
Pour eux, la confiance dans l’avenir repose largement sur cette capacité à former une nouvelle génération de professionnels maîtrisant à la fois les gestes traditionnels du métier et les technologies émergentes.
Pierre-Alain L’Hôte : « Les transitions sont aussi des opportunités »
Invité à prendre la parole, Pierre-Alain L’Hôte, président de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), a rappelé l’importance économique des associations réunies au sein de MBG. Ensemble, elles représentent plus de 16 000 emplois et plus d’un millier de jeunes en formation initiale.
Saluant l’engagement associatif et professionnel des entreprises membres, il a mis en lumière plusieurs dossiers menés conjointement avec les autorités cantonales.
Parmi ceux-ci figure notamment le vaste programme d’assainissement énergétique du patrimoine immobilier de l’État. Il s’est également réjoui des avancées observées dans le cadre du plan directeur cantonal, soulignant l’importance d’intégrer les besoins de l’économie et du tissu entrepreneurial dans les réflexions liées à l’aménagement du territoire.
Pierre-Alain L’Hôte a également évoqué les travaux réalisés dans le domaine de la surveillance du marché du travail et de la lutte contre la concurrence déloyale, rappelant l’importance de garantir des conditions de travail conformes aux conventions collectives et respectueuses des collaborateurs.
Delphine Bachmann répond avec conviction
Pour la deuxième année consécutive, la conseillère d’État Delphine Bachmann a participé à la soirée. Avec un ton direct et un répondant apprécié de l’assemblée, elle a repris plusieurs thèmes abordés par les présidents.
Saluant leur humour autant que leur engagement, elle a rappelé que les entreprises représentées au sein du MBG constituent des acteurs incontournables de l’économie genevoise et de la formation professionnelle. Elle a également souligné que la transition énergétique ne pourra être menée à bien sans les compétences des métiers techniques du bâtiment.
La magistrate a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté énergétique du canton dans un contexte international devenu plus incertain. Elle a également rappelé l’importance du dialogue entre les milieux professionnels et les autorités, qualifiant les associations professionnelles de véritables « co-constructeurs de l’action publique ».
Concernant les critiques formulées à propos de la charge administrative, Delphine Bachmann a reconnu que des améliorations restaient nécessaires. Elle a notamment évoqué les démarches engagées afin de simplifier certaines procédures et de limiter les demandes répétées d’informations auprès des entreprises.
Un hommage à deux figures de la branche
La soirée s’est conclue par un moment chargé d’émotion. Le MBG a rendu hommage à Philippe Massonnet et Olivier Cots, qui ont choisi de mettre un terme à leurs mandats de présidents après de nombreuses années d’engagement associatif.
À travers des portraits aussi humoristiques qu’élogieux, Guillaume Ruedin a salué deux personnalités qui ont marqué durablement la vie du groupement et des associations professionnelles genevoises. Leurs parcours illustrent l’importance du bénévolat associatif et l’investissement personnel nécessaire au bon fonctionnement des organisations professionnelles.
Les applaudissements nourris qui ont accompagné cet hommage ont témoigné de la reconnaissance de toute une profession envers deux hommes qui auront consacré une part importante de leur carrière à défendre les intérêts de leurs métiers et à promouvoir la formation de la relève.
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