Start-up et grandes entreprises : des partenariats pour accélérer


Pour passer de l’innovation au marché, les start-up misent de plus en plus sur des partenariats avec de grandes entreprises. Une stratégie qui peut leur faire gagner plusieurs années de développement.



Travail rédactionnel : Domotech

Source : EPFL


Chaque année, près de 250 start-up voient le jour en Suisse, dont une trentaine en moyenne à l’EPFL. Après les premières années, l’un des principaux défis consiste à changer d’échelle pour devenir une entreprise capable de produire et commercialiser durablement ses solutions. Au-delà des levées de fonds, l’accès aux marchés, aux données, aux infrastructures et aux réseaux internationaux devient alors déterminant. Les collaborations avec des entreprises établies peuvent apporter ces ressources tout en permettant aux grands groupes d’accéder rapidement à des technologies émergentes.

Des partenariats pour accéder aux technologies et aux données

Plusieurs spin-off de l’EPFL illustrent cette stratégie. Neurosoft Bioelectronics, spécialisée dans les interfaces cerveau-machine, s’est associée en février 2026 à l’entreprise américaine Science Corporation. Cette collaboration lui donne accès à des capacités d’ingénierie clinique et à des technologies complémentaires pour ses implants neuronaux. Selon son CEO Nicolas Vachicouras, développer seule ces briques technologiques pourrait nécessiter deux à trois années supplémentaires et près de 200 millions de dollars de financement. Les données constituent un autre enjeu majeur. Tune Insight, dont la plateforme permet aux hôpitaux d’analyser conjointement leurs informations sans les transférer hors de leurs serveurs, a conclu un partenariat avec le groupe français Softway Medical. Celui-ci lui permet d’étendre son réseau à de nouveaux établissements de santé tout en préservant la souveraineté et la confidentialité des données. Dans un autre domaine, DemoSquare s’est associée à Keystone-ATS et Euractiv afin d’intégrer des contenus médiatiques et politiques en temps réel à sa plateforme d’analyse des évolutions législatives et réglementaires.

Les grandes entreprises renforcent la crédibilité des start-up

Au-delà des ressources techniques, ces collaborations constituent également un signal de confiance pour le marché. Travailler avec une entreprise reconnue peut faciliter l’accès à de nouveaux clients, à l’international et aux investisseurs. La start-up Timeline bénéficie par exemple d’un partenariat avec Lancôme, qui intègre sa molécule Mitopure dans une nouvelle gamme de soins. Elle accède ainsi directement aux capacités industrielles, commerciales et marketing d’un acteur mondial de la cosmétique. Quelques mois après l’annonce de son accord avec Science Corporation, Neurosoft Bioelectronics a de son côté réalisé une levée de fonds de 7,5 millions de dollars destinée à accélérer le développement de sa plateforme d’interfaces cerveau-machine.

Préserver l’indépendance et la propriété intellectuelle

Ces partenariats nécessitent toutefois de trouver un équilibre entre les intérêts des différents acteurs. Les exigences contractuelles ou le rythme imposé par une grande entreprise peuvent notamment limiter la liberté de développement d’une jeune société. La propriété intellectuelle représente également un enjeu central. Pour Andrea Crottini, responsable de l’Office de transfert de technologie à l’EPFL, la réussite de ces collaborations dépend autant de la complémentarité des technologies que d’une définition claire, dès le départ, des droits de chaque partenaire.



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