Entendues lors de la journée de la branche d’EIT.swiss et reprises ici : les déclarations de Cello Duff, Marketing Communications Director chez Schneider Electric Suisse, qui offrent un aperçu particulièrement éclairant des transformations actuelles de la branche électrique
Texte: Pierre Schoeffel
Photo: EIT.swiss
Extraits de la présentation: Cello Duff
Le constat de départ est clair : la branche se trouve à un tournant décisif de son développement. L’accélération technologique, le renforcement des exigences réglementaires, l’évolution des attentes des clients ainsi que les objectifs de politique climatique redéfinissent en profondeur le rôle des acteurs du domaine du bâtiment. Dans ce contexte, le succès ne repose plus uniquement sur la qualité de l’exécution technique, mais de plus en plus sur la capacité à identifier précocement les tendances, à comprendre les systèmes dans leur globalité et à mettre en œuvre des solutions cohérentes, intégrées et tournées vers l’avenir.
Le bâtiment : un élément actif du système énergétique.
La présentation met l’accent sur une approche systémique du bâtiment. Celui-ci n’est plus considéré comme un simple consommateur d’énergie, mais comme un élément actif du système énergétique, capable d’interagir avec son environnement. Smart Home, automatisation, gestion énergétique intelligente, électromobilité ou production d’énergie décentralisée ne relèvent plus de la vision d’avenir, ceci depuis quelque temps. Ils constituent déjà aujourd’hui des composantes concrètes d’une transformation clairement visible sur le marché.
La numérisation apparaît comme l’un des moteurs centraux de cette évolution. Elle permet d’optimiser la consommation d’énergie, d’assurer une transparence des flux énergétiques et d’améliorer le contrôle des coûts, tout en renforçant simultanément la sensibilisation des utilisatrices et utilisateurs à leur comportement énergétique. Le bâtiment évolue ainsi de plus en plus vers un instrument de pilotage et d’apprentissage au service de la durabilité.
Entre vision initiale et réalité de la pratique.
La présentation se réfère en outre à une étude publiée en 2016 (1), qui esquissait une vision de l’habitat intelligent à l’horizon 2030. Trois messages clés étaient au cœur de cette étude : un logement entièrement connecté et autonome, la domination croissante du logiciel sur le matériel, ainsi que des services numériques destinés à améliorer le confort et l’efficacité énergétique.
Près d’une décennie plus tard, le bilan se révèle nuancé. L’orientation générale du développement s’est confirmée, mais la mise en œuvre progresse plus lentement que prévu initialement. Le logement entièrement autonome demeure largement une perspective d’avenir. Dans la pratique, de nombreuses installations restent fragmentées, seulement partiellement interopérables et encore éloignées d’une automatisation globale. La persistance d’une grande diversité de solutions matérielles hétérogènes complique en outre la mise en place d’un pilotage centralisé basé sur le logiciel.
Efficacité énergétique et services numériques. En revanche, les services numériques ont connu un développement nettement plus marqué. Les applications de visualisation des consommations d’énergie, de pilotage de systèmes individuels ou d’interaction avec les utilisateurs sont aujourd’hui établies dans de nombreux projets.
La période de la pandémie de Covid-19 a agi comme un accélérateur majeur : le domicile est devenu simultanément un espace de vie, de travail et de communication, ce qui a nettement renforcé l’acceptation sociétale des solutions numériques. Parallèlement, les enjeux énergétiques et climatiques sont davantage passés au premier plan, sous l’effet des objectifs politiques, de la volatilité des prix de l’énergie et de la pression croissante en faveur de la réduction des émissions de CO₂.
Ces évolutions se reflètent aujourd’hui dans une dynamique de marché sensiblement plus soutenue. Après une croissance modérée jusqu’à la pandémie de Covid, les systèmes d’automatisation et de gestion de l’énergie enregistrent une pénétration du marché nettement plus élevée — tant dans les maisons individuelles que dans les immeubles d’habitation et les constructions neuves. Les prévisions à moyen terme continuent d’indiquer des tendances à la hausse, portées par la maturité technologique et une acceptation désormais largement établie.
De l’installateur au spécialiste de l’énergie connecté.
Un élément central de la présentation concerne l’évolution du profil professionnel des installatrices et installateurs électriciens. Le rôle classique, limité à l’installation et à la mise en service, répond de moins en moins aux exigences actuelles. Sont désormais davantage recherchés des spécialistes capables de comprendre et de maîtriser les interactions entre énergie, automatisation, communication et cybersécurité.
Cela s’accompagne d’une transformation progressive, du simple distributeur d’électricité vers un rôle d’énergéticien. L’efficacité énergétique, la réduction des émissions et la gestion professionnelle des volumes croissants de données issues des bâtiments deviennent des compétences centrales. Parallèlement, les solutions numériques ouvrent de nouveaux modèles de services, notamment dans le domaine de la maintenance prédictive ou du support à distance, prolongeant ainsi la relation client bien au-delà de l’achèvement du projet.
De manière globale, trois leviers structurels se dégagent pour le bâtiment du futur : l’électrification, la numérisation et la décentralisation. Leur combinaison permet non seulement une réduction significative des besoins énergétiques et des émissions, mais renforce également l’autonomie des utilisatrices et utilisateurs grâce à la production locale d’énergie et aux solutions de stockage.
Les technologies existent depuis des années.
Le message final se veut pragmatique et confiant : les technologies sont disponibles, les conditions-cadres continuent d’évoluer et les opportunités sont bien réelles. Le succès de la transition énergétique dans le domaine du bâtiment dépendra largement de la collaboration entre les différents acteurs et du développement continu des compétences — dans un environnement où la technique et l’intégration intelligente des systèmes avancent de plus en plus main dans la main.
Étude « Smart Home 2020 », Gottlieb Duttweiler Institute.
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Texte: Pierre Schoeffel
Source de l'image: EIT.swiss
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