Passer du chantier au bureau technique pour comprendre le chauffage dans son ensemble : c’est le choix qu’a fait Tom Nrejaj. À 26 ans, cet apprenti projeteur en technique du bâtiment chez Bosson-Pillet SA prépare les installations qui permettront demain aux occupants d’un bâtiment de profiter d’un confort thermique optimal.
Texte: Pierre Schoeffel
Photos : Marc Schoeffel
Fondée en 1970 et basée à Genève, l’entreprise Bosson-Pillet SA compte aujourd’hui une cinquantaine de collaborateurs et intervient dans les domaines du chauffage et de la ventilation et les installations techniques du bâtiment, aussi bien dans le logement que dans les bâtiments tertiaires. Elle accorde également une place importante à la formation des jeunes professionnels, avec plusieurs apprentis présents simultanément dans l’entreprise.
Nous avons rencontré Tom et son maître d’apprentissage, Rémy Duret, Co-Directeur, dans les locaux de l’entreprise, situés dans un bâtiment du centre d’activité de Small City au Petit-Lancy. Nous revenons également, dans un article en ligne, sur Bosson-Pillet SA et ses activités, que Rémy Duret nous a présentées avec un enthousiasme communicatif. Durant notre discussion Tom a souvent fait remarquer combien il se sent à l’aise dans son milieu de travail.
Tom, peux-tu te présenter et revenir sur ton parcours ?
Je m’appelle Tom Nrejaj, j’ai 26 ans et je suis Genevois. J’ai commencé mon parcours professionnel par un apprentissage en logistique à 16 ans, mais je ne me suis finalement pas orienté dans ce domaine. J’ai ensuite travaillé dans le bâtiment, notamment dans les faux plafonds et la décoration.
C’est à ce moment-là que j’ai découvert le plaisir du chantier. On crée quelque chose de concret, on participe à la réalisation d’un bâtiment et on voit le résultat final. Cette dimension m’a beaucoup plu. Sur un chantier, on voit immédiatement l’utilité de ce que l’on fait. On construit quelque chose qui restera pendant des années.
Puis tu as trouvé ta voie …
Oui, avec le temps, j’ai voulu m’orienter vers un métier plus technique. Le chauffage m’a attiré parce qu’il y a énormément de choses à apprendre et parce que c’est un domaine qui évolue sans cesse. Dans ce métier, on apprend tout le temps. Ce qu’on maîtrise aujourd’hui devra peut-être être repensé dans dix ans.
… et ton ardeur au travail a été bien récompensée ?
J’ai donc commencé un apprentissage d’installateur en chauffage chez Bosson-Pillet. J’ai obtenu mon CFC en 2025, avec la meilleure note du canton. Il s’agit effectivement d’une belle récompense pour les efforts fournis et j’en suis fier.
Pourquoi avoir choisi de poursuivre ensuite une formation de projeteur ?
Lorsque j’étais installateur sur les chantiers, j’aimais beaucoup le travail manuel. Mais j’avais aussi envie de comprendre davantage la technique derrière ce que nous réalisions. Poser un tuyau est une chose, mais je voulais savoir pourquoi on choisit tel diamètre, pourquoi on place une vanne à un endroit précis, ou comment toute l’installation est conçue dans son ensemble. Sur le chantier, on réalise l’installation. Mais je voulais comprendre tout ce qui se passe avant. Je voulais découvrir ce que j’appelle la « face cachée » du chauffage. C’est ce qui m’a motivé à poursuivre une formation de projeteur en technique du bâtiment chauffage.
Aujourd’hui, je suis en deuxième année d’apprentissage dans cette spécialisation et je découvre toute la partie conception et préparation des travaux.
En quoi consiste concrètement ton travail aujourd’hui ?
Nous recevons généralement des plans provenant d’architectes ou de bureaux d’ingénieurs. À partir de ces documents, mon travail consiste à recalculer et dimensionner toute l’installation.
Cela signifie par exemple calculer les diamètres des tuyauteries, les puissances nécessaires, les débits ou encore la puissance des radiateurs. Nous réalisons également ce qu’on appelle une calorimétrie, qui permet de déterminer les besoins de chauffage d’un bâtiment. Une calorimétrie permet de savoir quelle sera la déperdition de chaleur d’un bâtiment. C’est à partir de là qu’on dimensionne toute l’installation.
Tu es donc amené régulièrement à effectuer des calculs ?
En effet, pour y parvenir, il faut analyser les pertes thermiques à travers les murs, les planchers ou les fenêtres. Même pour une simple fenêtre, il faut plusieurs calculs différents. On ne s’imagine pas toujours la précision que demande ce travail. En parallèle, je réalise des plans d’exécution, par exemple pour l’implantation d’une chaufferie ou la distribution des réseaux. Je participe aussi au suivi des chantiers afin de vérifier que les installations correspondent bien à ce qui a été prévu. Je me rends souvent sur place.
Quel est finalement le but de tout ce travail ?
Tom marque une courte pause avant de répondre.
Le but, c’est que les gens soient bien chez eux. Derrière les calculs, les plans et les installations techniques, l’objectif reste simple. L’idéal, c’est que quelqu’un puisse être confortablement chez lui, en t-shirt et en chaussons, sans avoir froid et sans devoir gaspiller de l’énergie. Bien sûr, même idée pour le lieu de travail.
Le rôle du projeteur consiste précisément à trouver cet équilibre entre performance énergétique et confort. On doit optimiser l’installation, bien sûr, mais on doit surtout penser aux personnes qui vont vivre dans le bâtiment.
Quel est le message que tu souhaites passer aux jeunes ?
Soyez curieux et osez les métiers techniques. Ce sont des professions où l’on construit quelque chose de concret et où l’on continue d’apprendre toute sa vie.
Une évolution encouragée par l’entreprise
Pour Rémy Duret, Co-directeur de Bosson-Pillet SA et maître d’apprentissage, le parcours de Tom illustre bien la philosophie de l’entreprise en matière de formation. « Nous formons régulièrement des apprentis afin de transmettre notre savoir-faire et préparer la relève. Tom s’est rapidement distingué par sa curiosité technique et son envie de comprendre le fonctionnement global des installations. Cette démarche est très positive. Comprendre à la fois le bureau et le chantier permet d’avoir une vision complète du métier. »
Du bureau au chantier
À l’issue de notre entretien, Tom Nrejaj nous conduit sur le chantier du futur bâtiment de l’association Carte Blanche, qui accueillera notamment un restaurant social et des bureaux. Plans en main, il explique comment l’installation de chauffage a été pensée et préparée : pompe à chaleur géothermique, production d’eau chaude sanitaire, récupération d’énergie ou encore coordination avec les autres corps de métier.
Chaque élément doit être positionné avec précision afin de faciliter le travail des monteurs et garantir l’accessibilité future des équipements pour la maintenance.
« Si tout est bien anticipé au bureau, le travail se déroule beaucoup plus efficacement sur le chantier. »
Une démonstration concrète du rôle clé joué par le projeteur : transformer des plans et des calculs en installations capables d’assurer, au quotidien, le confort des utilisateurs.
Le mot de la rédaction
Nous remercions chaleureusement Tom Nrejaj et Rémy Duret pour leur disponibilité et l’enthousiasme avec lequel ils nous ont présenté leurs activités. Rémy Duret a tenu à nous accompagner personnellement sur le chantier, nous permettant ainsi de mieux comprendre la réalité du terrain. Il résume : « Nous sommes des passionnés. »
Un merci tout particulier à Tom pour sa grande serviabilité. Il s’est littéralement mis en quatre pour nous conduire sur le chantier, puis nous ramener jusqu’au garage où notre voiture avait dû être déposée à la suite d’un problème technique — une attention qui en dit long sur ses qualités humaines.
Projeteur/Projeteuse en planification du bâtiment chauffage CFC
Acquisition des connaissances
- Calculer et tracer des installations techniques de chauffage
- Clarifications avec les maîtres d’ouvrage, les architectes et les ingénieurs au début du projet de construction
- Computer Aided Design (CAD)
- Discussion des détails de l’exécution avec le personnel de montage
- Surveillance du déroulement du montage
- Contrôler l’avancement des travaux et le budget des projets
Conditions préalables
- Capacité de représentation dans l’espace
- Aimer les chiffres, la technique et le travail de précision
- Habileté dans les relations avec les autres acteurs de la construction : maîtres d’oeuvre, architectes, ingénieurs, ouvriers du bâtiment
Axes majeurs de la formation
Mathématiques, physique, technique de construction des bâtiments, chimie, informatique, électrotechnique.
Il est expliqué que la formation pratique se déroule a) dans une entreprise d’exécution d’installations de chauffage ou b) dans un bureau d’ingénieurs, complétée par la mention des stages en magasin, en atelier et sur le chantier.
Et pour finir, les informations relatives à la durée de la formation (4 ans) ; en option la maturité professionnelle ; le diplôme : certificat fédéral de capacité « Projeteur/projeteuse en technique du bâtiment chauffage CFC ».
Partenaire
La relève est un investissement en l’avenir! Les entreprises suivantes soutiennent la promotion de la relève, dans le cadre de l’action « Nous sommes l’avenir » initiée par EIT.swiss en collaboration avec Domotech:
Ces articles pourraient également vous intéresser
Mentions légales
Source du texte: Pierre Schoeffel
Source de l'image: Marc Schoeffel
Informations
Autres articles
Veröffentlicht am:

